dimanche 10 juin 2012

Quelques réflexions sur l’avenir de l’Église (2e partie)

Jésus, surtout dans l’Évangile de saint jean, nous apprend que le temps de Dieu n’est pas notre temps. Nous, nous avons toujours le temps, selon nos grés, nos caprices, nos angoisses. Dieu est patient, mais vient en son temps. Et alors ses pensées et ses projets s’exécutent sans retard. Certes, ce temps divin ne correspond pas toujours à nos impatiences et à nos désirs.  Marie l’a appris à Cana.  Jésus l’a rappelé aux membres de sa famille qui le poussaient à se faire de la publicité à Jérusalem durant une grande fête. Puis quand le temps de Dieu fut venu pour notre salut, le tout s’est déroulé en trois jours : crucifixions, mort et résurrection.

La Bible nous rappelé souvent la soudaineté de l’oeuvre de Dieu en son temps. Ces actions divines sont des surprises et des nouveautés essentielles à la marche de son peuple que nous sommes et de toute l’humanité. Les interventions de Dieu dans l’histoire ont souvent des formes inattendues, étonnantes, qui recréent tout en mieux, bien au-delà de tout ce qu’on peut imaginer et oser espérer. C’est encore le prophète Isaïe qui fut la voix de Dieu affirmant : « Je fais du neuf! Ne le voyez-vous pas! »  En somme, Dieu nous invite à voir clair, à écouter et à marcher dans ses  chemins dans la confiance et la paix.  J’en tire quelques principes, pour moi fondamentaux, formulées d’ailleurs dans nos Écritures :
« Remets ta vie au Seigneur, il la dirige bien »
« Décharge ton fardeau sur le Seigneur : il prend soin de toi »
«  À chaque jour suffit sa peine : demain pourvoira pour lui-même »
« Venez à moi, vous qui trouvez lourd de fardeau et je vous donnerai le repos »

En résumé, la Parole nous dit : « Restez avec paix, confiance et abandon dans la main de Dieu, dans la main de Jésus à qui Dieu le Père nous a confié et dans la mouvance de l’Esprit qui souffle où il veut ».

Dieu par le même Isaïe ajoute : « Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. »

La Parole de Dieu est vivante, active efficace : « Il dit et cela fut » (Gn 1). « Je veille à l'accomplissement de ma parole. » (Jr 1, 12) Notre Dieu est un Dieu qui parle pour se révéler et pour donner la vie et le bonheur à ses enfants. D'où l'importance du thème de l'écoute dans toute la Bible : si Dieu parle, et parle pour notre bonheur, il nous reste à l'écouter, car il respecte notre liberté. « Écoutez et vous vivrez » (Is 55, 3). Il n’y a pas de priorité plus grande pour nous, pour notre avenir que d’accueillir ce Dieu qui parle et nous communique son amour, sa paix, sa joie. C’est sur cette Parole qu’il faut bâtir, édifier un avenir.

Pour ce qui est de savoir ce que Dieu va faire avec ou sans notre collaboration d’ici l’an 2020, suivons ses traces, engageons-nous à sa suite et nous verrons. Selon la devise de notre évêque : « Chante et marche! »

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 7 juin 2012

Quelques réflexions sur l’avenir de l’Église (1er partie)

Il y a quelque temps, j’ai donné une conférence à un groupe de cursillistes du diocèse. La commande était ainsi formulée : Que seront notre Église et notre mouvement en l’an 2020. C’est une question complexe et difficile, car 2020, c’est à la fois très proche et très loin. Et puis nous savons par les Saintes Écritures que pour Dieu un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour! Puisque nos jours et nos saisons sont ainsi entre les mains de Dieu, j’ai pensé nécessaire de poser quelques balises qui me semblent aptes à libérer nos cœurs dans cette recherche des plans de Dieu sur notre Église. J’en ai retenu quatre qui viennent de la Bible et donc que nous reconnaissons comme Paroles de Dieu toujours actuelles :
-les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées
-les chemins de Dieu ne sont pas nos chemins
-le temps de Dieu n’est pas notre temps
-la Parole de Dieu est notre lumière et notre guide.

Un texte d’Isaïe est particulièrement éclairant pour moi (55, 6-11): « Vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies (chemins) ne sont pas vos voies, oracle du Seigneur. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »

Isaïe s'adressait à des gens complètement découragés. En Exil à Babylone, dans des conditions extrêmement dures, le peuple d'Israël était tenté de croire que Dieu l'avait abandonné. Et il en vint à se demander s'il était encore possible d'oser espérer la réconciliation avec le Dieu de l’alliance et la restauration par un retour à la terre promise. Voilà les pensées qui envahissent le peuple dans sa situation de petitesse, devant un avenir qui lui semble bouché.

Mais Dieu par le prophète réplique : à ce doute, ce soupçon, cette désespérance (toutes attitudes qui ressemblent aux nôtres), il faut résolument tourner le dos. Ce sont là des pensées méchantes, perverses. Elles nous trompent sur Dieu en nous portant à croire que Dieu pourrait ne plus être proche, qu’il nous a abandonnés.  Ce n'est pas parce que Dieu semble silencieux qu'il est absent ou lointain.  Pensées perverses! Vraiment les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées.

Puis Dieu nous parle de ses chemins et des nôtres. Quels sont les chemins de Dieu? L’histoire du salut nous montre qu’ils sont vraiment bien déroutants! Chemin d’Abraham le nomade déraciné. Chemin à travers la mer et les flots, puis dans le désert  pendant 40 ans! Chemin de l’exil. Chemin de l’échec, du petit reste. Dieu fait avec des riens (ce qui n’est pas!) des merveilles!  Ce qu’il nous demande c’est de lui faire confiance dans l’humilité et la remise entre ses mains, de suivre Jésus et de marcher.

Quels sont souvent  nos chemins? Douter de Dieu, l'imaginer méchant, dur, vengeur, c'est prendre à l'envers un chemin à sens unique! C'est nous éloigner de lui de plus en plus en suivant le chemin de la peur, du découragement, de l’indifférence, de l’oubli, du divertissement. Nous prenons toutes sortes de chemins de traverse, nous errons ici et là, nous laissant balloter par tout ce qui passe.

(la suite et la fin de ce texte dans mon prochain blogue)

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

dimanche 3 juin 2012

Les engagements de l’Église catholique dans les soins de santé

Du 21 au 26 mai 2012 se tenait la 65ème Assemblée mondiale de la santé. Mgr  Zimowski y est intervenu le 23 mai, en tant que chef de la délégation du Saint-Siège. Je retiens quelques-unes de ses affirmations.

« Avec plus de 120 000 institutions sociales et sanitaires de par le monde, l’Église catholique constitue, dans de nombreux pays économiquement faibles, un partenaire significatif de l’État dans la fourniture de services de santé. […] Elle opère aussi dans les régions isolées, en faveur des couches les plus pauvres de la population, mettant ainsi à leur disposition des prestations sanitaires qui, autrement, seraient hors de leur portée. »

En lisant cette description, me revient à la mémoire les institutions et services que l’Église catholique a bâtis au Québec et ailleurs au Canada depuis les années 1600 pour assurer aux populations d’ici des soins médicaux et sanitaires de toutes sortes. Cela peut nous sembler une histoire du passé. Mais si nous regardons attentivement ce qui se passe aujourd’hui, nous constatons que cette présence de l’Église, par ses fidèles de toutes conditions, dans les divers services communautaires (logement, itinérance, lutte contre la faim, recherche de plus de justice distributive, etc.) est toujours bien active ici, même si c’est moins visible au premier coup d’œil. J’en suis fier et je me sens reconnaissant envers toutes ces personnes qui dans l’humble quotidien donnent temps, services et argents pour libérer les plus appauvris de ces humiliantes conditions si défavorables à la santé humaine sous tous ses aspects.

Et on doit insister sur le fait que « dans le domaine de la santé, partie intégrante de l’existence de chacun et du bien commun, il est important d’instaurer une véritable justice distributive qui garantisse à tous, sur la base des besoins objectifs, des soins appropriés. »  De plus, est particulièrement opportun l’appel pressent à une participation sérieuse des pays mieux nantis, dont nous sommes, à un effort mondialisé en vue de promouvoir « des valeurs fondamentales comme l’équité, les droits humains et la justice sociale. […] Les pays économiquement plus développés devront faire plus pour destiner de plus grands quotas de leur produit interne brut pour l'aide au développement, en respectant les engagements qui ont été adoptés à ce sujet par la communauté internationale ». Suite à la crise actuelle, nous avons tendance à nous refermer sur nous-mêmes! L’appel à une mondialisation décidée de la solidarité dans ces domaines fondamentaux de la vie humaine est particulièrement pertinent et urgent ici même.

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

mercredi 30 mai 2012

Le désir qui fait marcher

Je regardais l’autre jour un tout jeune enfant. Depuis quelque temps, il se déplace en se trainant par terre. Mais il est fasciné par des tiroirs qu’il voudrait bien ouvrir. Il tend à se lever, à marcher pour mieux atteindre des choses qui l’attirent et surtout sa mère qui va et vient autour de lui. C’est le désir de se faire proche, de saisir qui le pousse à cet audacieux geste : se lever et marcher.

Et qu’est-ce qui pousse ces milliers de personnes, au cours de l’été, à marcher vers toutes sortes de lieux : un sanctuaire, un point d’eau, le tour d’un lac, un lieu de silence ou de rencontres? Quels sont donc ce désir, cet élan, ce dynamisme incrustés dans l’être humain? Il me semble que c’est une soif, une insatisfaction profonde, une sorte de vide qui cherche à s’emplir, à se satisfaire, à se calmer, à se reposer.

En relisant l’Évangile de saint Jean, je suis frappé par son vocabulaire : il parle continuellement de la marche. « Viens et vois! » Et il nous montre un centurion royal hanté par la maladie de son enfant se mettre en marche vers Jésus. Et que dire de cette Samaritaine en marche vers le puits, puis en marche, en fait à la course, vers les siens pour leur dire qui a satisfait sa soif de reconnaissance, d'amour.

Les évangiles me mettent devant le mystère qui provoque toutes ces marches, ces courses. On y voit Jésus sans cesse appeler à lui. Il affirme même que lorsqu’il sera élevé sur la croix, il attirera tous les humains qui voudront bien consentir à cet attrait.

Et depuis deux mille ans, des milliards de personnes ont marché et marchent vers ce Cœur ouvert d’où jaillissent sang et eau pour nous désaltérer. Quel merveilleux mystère! Mais même nos sources cachées sous le boisé ou encore nos humbles lieux d’accueil dans le silence ou le chant peuvent évoquer ce mystère de l’attrait le plus intime de nos cœurs.

Quelles soifs nous tiraillent? Quelle soif tiraille Dieu? Car c’est lui qui dit à la Samaritaine : « Si tu savais qui te demande à boire…..! » Quelle soif d’aimer et d’être aimé?

Je me trouve devant le mystère d’un attrait mutuel entre Dieu et moi, et chaque être humain. Mon défi est de reconnaitre la générosité gratuite de la source et de consentir à accueillir son don.

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

vendredi 25 mai 2012

Les chemins qui marchent

Tel est le thème d’un triple pèlerinage par lequel l’archidiocèse de Gatineau prépare la célébration de son jubilé qui marquera ses 50 ans d’existence.  C’est une formule originale qui permettra de parcourir en trois ans une grande partie du territoire diocésain. Cette marche en sera cette année à sa deuxième étape.

On se rappelle la parole de Blaise Pascal : « Les rivières sont des chemins qui marchent et qui portent où l’on veut aller.»  C’est là une image très évocatrice de notre histoire. Ici, les rivières ont été les premiers chemins qui ont permis aux personnes de se déployer sur le territoire, de se rencontrer, de faire les voyages pour le commerce, les loisirs et que sais-je. Aujourd’hui, avec nos ponts si souvent encombrés, il nous est parfois difficile de saisir à quel point ces rivières ont été des liens efficaces et rapides pour l’époque. Elles ont marché pour la guerre et pour la paix, pour le commerce et pour la drave, pour la recherche de l’autre et pour sa fuite.

On peut aussi continuer la réflexion et nous souvenir que Jésus s’identifie lui-même au chemin : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». Et il a sans cesse marché durant son court ministère. Il a entrainé des disciples à sa suite. Et il leur a dit de continuer après lui cette marche porteuse de Bonnes Nouvelles à disséminer sur toutes les routes du monde jusqu’aux confins de la terre et jusqu’à la fin des siècles. Lui-même ressuscité conduira celles et ceux qui s’attachent à ses pas jusqu’aux sources de la vie.

Puis avant de les quitter, il leur a promis, puis donné l’Esprit qui les guidera à la vérité tout entière. Jésus a été le guide des siens. L’Esprit continuera le même rôle. Il sera pour les personnes qui accepteront son souffle, qui seront sensibles à sa subtile présence un chemin qui les fera cheminer vers une interprétation de leurs propres vies et des événements du monde dans la lumière de Celui qui est la Lumière du monde.

En somme, cette idée des chemins qui marchent peut nous conduire loin dans l’approfondissent de notre foi. Notre espérance et notre amour entrent aussi par les pieds, par la solidarité silencieuse de la marche, par l’accueil mutuel et le soutien dans le cheminement, par la réception des communautés sur le bord de la route.

Bonne marche!

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

dimanche 20 mai 2012

Le silence dans le processus de communication

C’est le sujet de Benoît XVI a voulu traiter dans son message pour la Journée mondiale 2012 des communications sociales. Thème surprenant! Est-ce que communication et silence ne se contredisent pas? Laissons-nous interroger par quelques affirmations prises de ce message.

« Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s'équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes. Lorsque parole et silence s'excluent mutuellement, la communication se détériore, soit parce qu’elle provoque un certain étourdissement, soit au contraire parce qu’elle crée un climat de froideur ; lorsque, en revanche, ils se complètent harmonieusement, la communication acquiert valeur et cohérence. »

Et le pape explique que le silence fait partie intégrante de la communication : sans lui aucune parole riche de sens ne peut exister. Car c’est dans le silence que nous écoutons et que nous nous connaissons mieux nous-mêmes ; dans le silence, que la pensée naît et s’approfondit, que nous comprenons avec une plus grande clarté ce que nous voulons dire ou ce que nous attendons de l'autre.

Et il remarque que se taire permet à l'autre personne de parler, de s’exprimer. Ainsi s’ouvre un espace d’écoute mutuelle et une relation humaine plus profonde devient possible. « Dans le silence, par exemple, se saisissent les instants les plus authentiques de la communication entre ceux qui s'aiment : le geste, l'expression du visage, le corps comme signes qui révèlent la personne. Dans le silence, la joie, les préoccupations, la souffrance parlent et trouvent vraiment en lui une forme d'expression particulièrement intense ».

« Là où les messages et l'information sont abondants, le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire. Une réflexion profonde nous aide à découvrir la relation existante entre des événements qui à première vue semblent indépendants les uns des autres, à évaluer, à analyser les messages; et cela permet de partager des opinions pondérées et pertinentes, donnant vie à une connaissance authentique partagée. Il est donc nécessaire de créer une atmosphère propice, comme une sorte d'« écosystème » qui sache équilibrer silence, parole, images et sons ».

C’est là certes une piste qui mérite d’être examinée afin de voir ce qu’elle peut nous ouvrir de perspectives en cette ère de la surabondance de mots et d’images.

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

mercredi 16 mai 2012

À la retraite!

Plusieurs se demandent et me demandent ce que peut bien faire un évêque à la retraite. La réponse la plus vraie est de vous raconter brièvement ce que je fais de ce temps qui m’est accordé depuis le 1er décembre 2011.

Je me suis rappelé récemment le commentaire du philosophe Jacques Maritain sur le travail et le loisir : «Le travail humain n’a pas sa fin en lui-même, il est pour le repos, le loisir actif, celui de la culture de l’esprit et du cœur, de la joie de connaître, des délectations spirituelles offertes par l’art et la beauté, et des enthousiasmes généreux dont se nourrissent l’amour désintéressé, la compassion et la communion, le zèle de la justice, le dévouement à la cité et à la famille humaine ».

Le jour où le travail ne nous accapare plus, le repos, le loisir actif, le goût du service gratuit peuvent se développer. C’est ce que j'expérimente en ces premiers mois dans cette nouvelle vie.

Au début de ma retraite, je pensais bien avoir beaucoup de temps pour me reposer. Mais on m’a vite sollicité pour rédiger un texte assez long, qui fera partie d’un volume à paraître à l'automne. Comme je n’ai pas encore appris à dire « non » et à sélectionner mes engagements, celui-ci a pris deux mois et demi de mon temps.

Puis j’ai été sollicité à assurer une présence bénévole à l’Université St-Paul, à titre de « pasteur en résidence ». J’y ai commencé à la mi-février. Mais la fin des cours approchait, ce qui a accaparé les gens. Je n’ai donc pas encore expérimenté ce que cette présence signifiera. Je verrai mieux à l’automne.

À chaque fin de semaine, je suis demandé pour aller dans une paroisse où l’autre pour y rendre service. Ces engagements dans des communautés priantes me plaisent. J’y retrouve des personnes connues. De plus, à chaque matin sur semaine je célèbre la messe dans notre petite chapelle avec plusieurs personnes, ce qui entretient ma vie de prière.

Le temps de la retraite peut être un temps de « retrait » : un temps où on s’adonne plus intensément à la prière. Je m’y exerce même si c’est parfois difficile, après une vie aussi active, de me concentrer dans des moments de silence et de consécration à ce Dieu à la fois si mystérieux et si proche. La Parole de Dieu donnée généreusement à chaque liturgie quotidienne m’y est d’un précieux secours et stimulant.

Je vis dans une maison où il y a beaucoup d’appartements. C’est donc un  lieu qui permet et même provoque de multiples rencontres. Écouter, consoler, encourager, soutenir, aider par mille petits gestes : voilà une bonne partie de ma vie quotidienne. Et puis quelques personnes amies me permettent diverses rencontres gratuites, amicales, pour d’humbles mais fraternelles fêtes.

Et je peux enfin assouvir un peu ma soif de mieux connaître la Bible. J’en profite donc pour lire de gros commentaires. De ce temps-ci, je suis dans un commentaire de l’évangéliste Jean. Je me prépare ainsi en même temps pour des retraites que je prêcherai dans certaines communautés religieuses dans les prochains mois.

En somme, à la retraite, la vie est variée pour moi. Non, je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer, sauf parfois certains soirs que je trouve un peu long car je ne suis pas un adepte de la télévision. Mais c’est rare!

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau