En
parlant de l’Évangile de la Création, le pape affirme que toute la Création
est une Bonne Nouvelle pour nous. Il nous faut donc ne pas la détruire, mais l’accueillir
et en avoir soin. Dieu n’a pas créé les autres créatures simplement pour notre
service ou notre caprice! Nous devons marcher avec les animaux et toutes
les créatures vers notre commun point d’arrivée qui est Dieu.
Parlant
ainsi, le pape accueille la grande tradition orientale fortement affirmée
depuis des années par le Patriarche Œcuménique Bartholomée. « Que les
hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement
climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant
ses zones humides; que les hommes portent préjudice à leurs semblables par des
maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des
substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés ». (9)
Il
faut donc s’en repentir et se convertir, cesser de réduire la création à des
choses à exploiter. La destruction des créatures et la cruauté envers les
animaux sont des actes qui profanent la dignité de tout être créé par Dieu. Chaque
être créé a sa propre raison d’être et sa propre valeur voulues par Dieu. Notre
« maison commune » est cette terre sur laquelle nous partageons un
même appel au salut dans le même Christ, Seigneur et Sauveur de tout, Dieu
voulant tout réunir, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre dans son
Fils incarné.
« Tout
comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois qu’il
[saint François] regardait le soleil, la lune ou les animaux même les plus
petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres
créatures. Il entrait en communication avec toute la création, et il prêchait
même aux fleurs. » Pour François, « toute créature est une sœur, unie
à lui par des liens d’affection. Voilà pourquoi il se sentait appelé à protéger tout ce qui existe. »
Le
pape en tire les conséquences : « Sans cette ouverture à l’étonnement
et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et
de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du
dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de
fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons
intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection
jailliront spontanément. »
Est-ce
que je me sens frère ou sœur de toute créature?
(22e
texte d'une série sur l'encyclique du pape François)
† Roger ÉbacherÉvêque émérite de Gatineau