samedi 5 octobre 2019

Dans ma prière, me souvenir des miséricordes divines

Peuple choisi par Dieu et qui en a reçu le don d’une alliance avec lui au Sinaï (Exode 24,8), les descendants d’Abraham feront sans cesse mémoire dans leurs prières, et particulièrement dans les psaumes, des protections, des générosités, des pardons de son Allié. Et il saura adorer son Allié, lui rendre grâces pour tant de merveilles, solliciter son pardon et sa miséricorde.
 
Cela vaut aussi pour nous qui sommes en alliance avec le Père, grâce au sang de Jésus et par l’œuvre de l’Esprit. Par notre baptême, nous sommes devenus membres de la famille divine et nous vivons continuellement des dons généreux, merveilleux dont Dieu nous comble. Il faut savoir les identifier, les nommer et nous en réjouir, en rendre grâces, en faire mémoire.
 
Il nous est donc essentiel de faire mémoire, dans nos prières, de la bonté, de la miséricorde divines à notre égard, mais aussi à l’égard des autres, de tout ce que le Seigneur fait dans l’histoire de l’Église, dans la vie des peuples, dans les merveilles de la nature.
 
C’est ce qu’enseigne s. Ignace de Loyola aux personnes qui vivent les Exercices spirituels, par. 233-237. Après m’être mis en présence de Dieu, « je demanderai la connaissance intime de tant de bienfaits que j'ai reçus de Dieu, afin que dans un vif sentiment de gratitude, je me consacre sans réserve au service et à l'amour de sa divine Majesté. […] Je rappellerai à ma mémoire les bienfaits que j'ai reçus : ceux qui me sont communs avec tous les hommes, la Création, la Rédemption, et ceux qui me sont particuliers. […] Puis, faisant un retour sur moi-même, je me demanderai ce que la raison et la justice m'obligent de mon côté à offrir et à donner à sa divine Majesté, c'est-à-dire toutes les choses qui sont à moi et moi-même avec elles; et, comme une personne qui veut faire agréer un don, je dirai du fond de l'âme : prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon entendement et toute ma volonté; tout ce que j'ai et tout ce que je possède. Vous me l'avez donné, Seigneur, je vous le rends; tout est à vous, disposez-en selon votre bon plaisir. Donnez-moi votre amour; donnez-moi votre grâce : elle me suffit. »
 
« Puis je considérerai Dieu présent dans toutes les créatures : dans les éléments, leur donnant l'être; dans les plantes, leur donnant la végétation; dans les animaux, leur donnant le sentiment; dans les hommes, leur donnant l'intelligence. Il est en moi-même de ces différentes manières, me donnant tout à la fois l'être, la vie, le sentiment et l'intelligence. Il a fait plus : il a fait de moi son temple; et, dans cette vue, il m'a créé à la ressemblance et à l'image de sa divine Majesté. » Tous ces actes de mémoire deviendront les fils qui tisseront ma prière quotidienne.
 
Le pape François (par. 153) m’exhorte à prier ainsi : « Regarde ton histoire quand tu pries et tu y trouveras beaucoup de miséricorde. En même temps, cela alimentera ta conscience du fait que le Seigneur te garde dans sa mémoire et ne t’oublie jamais. Cela a donc un sens de lui demander d’éclairer encore les petits détails de ton existence, qui ne lui échappent pas. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(45e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)