samedi 21 juillet 2018

Un foyer à construire

Le pape François donne de précieux conseils au sujet des jeunes couples et de leur avenir. Il invite à reconnaître que la célébration du mariage n’en fait pas un couple achevé. « L’union est réelle, elle est irrévocable, et elle a été confirmée et consacrée par le sacrement de mariage. Mais en s’unissant, les époux deviennent protagonistes, maîtres de leur histoire et créateurs d’un projet qu’il faut mener à bien ensemble. » (par. 218)
 
Aucun conjoint n’est parfait. Chacun est « inachevé, appelé à grandir, en évolution. » D’où pointe un danger pour le couple qui n’en prend pas conscience. « Lorsque le regard sur le conjoint est constamment critique, cela signifie qu’on n’a pas assumé le mariage également comme un projet à construire ensemble, avec patience, compréhension, tolérance et générosité. Cela conduit à ce que l’amour soit peu à peu substitué par un regard inquisiteur et implacable, par le contrôle des mérites et des droits de chacun, par les réclamations, la concurrence et l’autodéfense. Ainsi, les conjoints deviennent incapables de se prendre en charge l’un l’autre pour la maturation des deux et pour la croissance de l’union. »
 
Le oui échangé lors de la célébration du mariage à l’église « est le début d’un itinéraire, avec un objectif capable de surmonter les aléas liés aux circonstances et les obstacles qui s’interposent. La bénédiction reçue est une grâce et une impulsion pour ce parcours toujours ouvert. »
 
Tout amour qui unit à l’autre porte en germe une grande espérance. Force vitale qui fait qu’au-delà des contradictions, des conflits, des conjonctures, on saura se maintenir sur un chemin de croissance. « La même espérance nous invite à vivre à plein le présent, le cœur tout à la vie familiale, car la meilleure manière de préparer et de consolider l’avenir est de bien vivre le présent. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(50e texte d’une série sur La joie de l’amour)

mercredi 18 juillet 2018

La célébration du mariage

Des couples, dont certains en union de fait depuis longtemps, ne se marient pas parce que les conjoints estiment qu’une telle célébration coûte trop cher. Invitations, costumes, gâteau, banquet, réceptions : de quoi se ruiner!
 
Le pape François interpelle vigoureusement ces couples qui pensent se marier à l’église. « Chers fiancés : ayez le courage d’être différents, ne vous laissez pas dévorer par la société de consommation et de l'apparence. Ce qui importe, c’est l'amour qui vous unit, consolidé et sanctifié par la grâce. Vous êtes capables d’opter pour une fête sobre et simple, pour placer l’amour au-dessus de tout. » (par. 212)
 
Se marier à l’église comporte une profonde signification pour ce couple, mais aussi pour la communauté et la société. Célébration liturgique et sacrement, le mariage chrétien est le pacte d’amour qui marquera tout le reste de la vie de l’épouse et de l’époux. « On peut dire que la famille vit de la promesse d’amour et de fidélité que l’homme et la femme se font l’un à l’autre. Celle-ci comporte l’engagement à accueillir et à éduquer les enfants; mais elle se réalise aussi en prenant soin des parents âgés, en protégeant et en s’occupant des membres les plus faibles de la famille, en s’aidant mutuellement pour développer ses propres qualités et accepter ses limites. Et la promesse conjugale s’élargit pour partager les joies et les souffrances de tous les pères, les mères, les enfants, avec une généreuse ouverture à l’égard de la coexistence humaine et du bien commun. » (audience générale)
 
Et le pape dit son admiration, sa reconnaissance pour ces millions de couples qui vivent au quotidien leur alliance conjugale jusqu’à la mort, et qui rayonnent au ras du quotidien cet amour qui seul rend la vie plus belle et meilleure : « La fidélité aux promesses est un véritable chef-d’œuvre d’humanité! Si nous regardons sa beauté audacieuse, nous sommes effrayés, mais si nous méprisons sa ténacité courageuse, nous sommes perdus. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(49e texte d’une série sur La joie de l’amour)

jeudi 12 juillet 2018

La préparation au mariage

L’alliance d’amour entre un homme et une femme, pour toute une vie, ne s’improvise pas. Elle ne se réalise pas non plus en un jour. Et beaucoup d'obstacles s’opposent à ce que les futurs couples acceptent de prendre le temps nécessaire pour une réelle maturation et de s’y faire aider.
 
Nous ne parlons presque plus de fiançailles! La culture et la société actuelle sont devenues plutôt indifférentes à la délicatesse et au sérieux du passage des fréquentations au mariage. D’où la nécessité d’un temps de préparation, soutenu par les communautés chrétiennes, et si possible animé non seulement par un prêtre, mais aussi par des couples ayant une bonne expérience conjugale et familiale.
 
Il est pourtant difficile pour les communautés paroissiales de mettre en œuvre une véritable préparation au mariage chrétien. Souvent, les personnes qui aspirent à un tel mariage religieux, sacramentel, ne reconnaissent pas la nécessité d’un tel temps de préparation sérieuse et suffisamment prolongée.
 
Le pape François donne une grande attention à ce temps de murissement et de discernement des futurs époux. Il a à cœur une bonne préparation des couples qui veulent entreprendre une vie ensemble dans l’amour, la fidélité, la fécondité, la durée. Ainsi, il déclarait lors d’une audience générale au sujet des cours de préparation au mariage (Voir, parmi de très nombreuses offres de tels cours) : « Nous voyons de nombreux couples, qui arrivent à ce cours peut-être un peu de mauvais gré […] Mais après, ils sont contents et ils remercient, car en effet ils ont trouvé là l’occasion — souvent l’unique! — de réfléchir sur leur expérience en termes qui ne sont pas banals. Oui, de nombreux couples sont ensemble depuis longtemps, peut-être même dans l’intimité, parfois ils cohabitent, mais ils ne se connaissent pas vraiment. Cela semble étrange, mais l’expérience démontre qu’il en est ainsi. C’est pourquoi il faut réévaluer les fiançailles comme un temps de connaissance réciproque et de partage d’un projet. Le chemin de préparation au mariage doit être organisé dans cette perspective, en se servant également du témoignage simple, mais intense des conjoints chrétiens. »
 
Pour qui veut aller plus loin dans cette réflexion, le pape offre d’amples développements dans La joie de l’amour (par. 205-231).
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(48e texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 8 juillet 2018

Le trésor du pardon en famille

La famille peut devenir un lieu de tensions, de conflits, même de ruptures. Comment parvenir à gérer ces situations qui peuvent blesser profondément un ou des membres de la famille?
 
Savoir dire des paroles et poser des gestes de pardon : voilà des façons de retisser les liens familiaux, de les réparer, même de les fortifier. C’est ce que le pape François (audience générale du 4 novembre 2015) a expliqué : « La famille est une grande école d’entraînement au don et au pardon réciproque sans lesquels aucun amour ne peut durer longtemps. Sans se donner et sans se pardonner, l’amour ne reste pas, il ne dure pas. »
 
Chaque jour, nous nous heurtons, nous nous faisons du mal l’un l’autre. C’est inévitable : nous sommes fragiles, souvent égoïstes, pensant plus à nous-mêmes qu’à l’autre. Que faire alors? L’important est de retisser chaque jour les fils que nous brisons ainsi. Plus nous attendons, plus nous risquons que ça devienne difficile.
 
S. Paul recommandait aux disciples de ses communautés : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » (Éphésiens 4, 26) Le pape François dit la même chose aux membres des familles. Il insiste sur ce secret simple, mais efficace pour guérir les blessures et pour éliminer les accusations. Il importe de ne pas laisser la journée prendre fin « sans se demander pardon, sans faire la paix entre époux et épouse, entre parents et enfants, entre frères et sœurs. »
 
Et le pape explicite les bienfaits de cette pratique quotidienne : « Les blessures guérissent, le mariage se fortifie, et la famille devient une maison toujours plus solide, qui résiste aux secousses de nos méchancetés petites et grandes. Et pour cela, il n’est pas nécessaire de se faire un grand discours, mais une caresse suffit : une caresse, et tout est fini et recommence. Mais il ne faut pas finir la journée dans la guerre! »
 
Apprendre à pratiquer le pardon en famille nous rend capables de le pratiquer aussi dans les diverses relations sociales. « La pratique du pardon non seulement sauve les familles de la division, mais les rend capables d’aider la société à être moins mauvaise et moins cruelle. » Certes difficile à vivre! Mais l’Esprit de Jésus nous est donné pour nous en rendre capables jour après jour.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(47e texte d’une série sur La joie de l’amour)

jeudi 28 juin 2018

Une politique familiale?

Sommes-nous préoccupés de la situation de la famille dans notre société? Travaillons-nous à interpeler nos dirigeants politiques, qu’ils soient provinciaux ou municipaux, pour leur demander une telle politique, leur suggérer des points essentiels à développer pour le mieux-être des familles?
 
Former une famille est un droit humain fondamental. C’est ce qu’affirmait il y a 70 ans la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948, art. 17.3) : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État. » Et la déclaration de l’ONU ajoutait : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État. » (art. 16,3)
 
C’est ce droit à la protection par la société et par l’État que le pape François a défendu avec fermeté devant les ambassadeurs attitrés au Vatican. Le pape reconnaît d’abord que, « surtout en Occident, la famille est considérée comme une institution dépassée. À la stabilité d’un projet définitif, on préfère de nos jours des liens fugaces. » Le couple et la famille sont ainsi fragilisés et risquent d’être instables. Elles jouent pourtant un rôle primordial sur le plan social : sans les familles, il est impossible de construire des sociétés en mesure d’affronter les défis de l’avenir. Elles ont donc droit à un soutien fort et constant de politiques efficaces à leur égard.
 
Le gouvernement du Québec et beaucoup de municipalités québécoises ont formulé une politique familiale et des plans d’action pour y donner suite.
 
Comme citoyennes et citoyens, les connaissons-nous? Nous y intéressons-nous? Surveillons-nous pour nous assurer que ces politiques sont suivies? Sommes-nous préoccupés de ce que l’État, dans ses divers paliers, fait pour soutenir la famille?
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(46e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 23 juin 2018

La famille élargie

En Occident, nous vivons en général dans une famille nucléaire : parents et enfants vivant ensemble sous le même toit. Mais il ne faut pas oublier ce que nous appelons : « la famille élargie. » Nous parlons alors oncles et tantes, cousins et cousines, même le voisinage.
 
Le pape François note : « Dans cette grande famille, il peut y avoir des personnes qui ont besoin d’aide, ou au moins de compagnie et de gestes d’affection; ou bien il peut y avoir de grandes souffrances qui appellent une consolation. L’individualisme de ces temps conduit parfois à s’enfermer dans un petit nid de sécurité et à sentir les autres comme un danger gênant. Toutefois, cet isolement n’offre pas plus de paix et de bonheur, mais plutôt ferme le cœur de la famille et la prive de l’ampleur de l’existence. » (par. 187)
 
Je pense en particulier à l’importance des personnes âgées dans ce large réseau familial. Le pape actuel est particulièrement sensible à ces personnes qui peuvent si facilement être oubliées ou négligées alors qu’elles peuvent offrir sagesse, bons conseils, tendresse, amabilité, écoute. Les personnes âgées sont une richesse pour nos familles!
 
« Les personnes âgées sont des hommes et des femmes, des pères et des mères qui sont passés avant nous sur notre même route, dans notre même maison, dans notre bataille quotidienne pour une vie digne. Ce sont des hommes et des femmes dont nous avons beaucoup reçu. La personne âgée n’est pas un extra-terrestre. La personne âgée, c’est nous, dans peu de temps, dans longtemps, mais cependant inévitablement, même si nous n’y pensons pas. Et si nous apprenons à bien traiter les personnes âgées, nous serons traités de la même manière. »  (Audience générale du Pape)
 
Lors d’une audience générale, le pape rappelait l’image du vieux Siméon et de la prophétesse Anne qui avait 84 ans. Quand Marie et Joseph arrivèrent au temple pour y présenter Jésus à Dieu, Siméon improvisa un très bel hymne de joie et Anne devint la première prédicatrice de Jésus.
 
Et le pape concluait : « Les paroles des grands-parents ont quelque chose de spécial, pour les jeunes. Et ils le savent. Je conserve encore avec moi les paroles que ma grand-mère me remit par écrit le jour de mon ordination sacerdotale; elles sont toujours dans mon bréviaire, je les lis souvent et cela me fait du bien. Comme je voudrais une Église qui défie la culture du rebut par la joie débordante d’une nouvelle étreinte entre les jeunes et les personnes âgées! »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(45e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 15 juin 2018

C’est bon de se sentir frère et sœur!

« Grandir entre frères offre la belle expérience de nous protéger mutuellement, d’aider et d’être aidés. » (par. 195) Cette fraternité qui unit frères et sœurs en famille « resplendit de manière particulière quand nous voyons l’attention, la patience, l’affection dont sont entourés le petit frère ou la petite sœur plus faible, malade, ou porteur de handicap ». Le pape François ajoute, se basant sans doute sur son expérience personnelle : « Avoir un frère, une sœur qui t’aime est une expérience forte, inégalable, irremplaçable ».
 
Et le pape développe cette idée avec une belle insistance. « Le lien de fraternité qui se forme en famille entre les enfants […] est la grande école de liberté et de paix. En famille, entre frères, on apprend la cohabitation humaine, comment on doit coexister en société. Peut-être n’en sommes-nous pas toujours conscients, mais c’est précisément la famille qui introduit la fraternité dans le monde! À partir de cette première expérience de fraternité, nourrie par les liens d’affection et par l’éducation familiale, le style de la fraternité rayonne comme une promesse sur toute la société et sur les relations entre les peuples. »
 
« “Frère” » et « “sœur” » sont des mots que le christianisme aime beaucoup. Et grâce à l’expérience familiale, ce sont des mots que toutes les cultures et les époques comprennent. »
 
Mais ce lien entre le frère et la sœur peut être fragile, même brisé. Pensons à la rupture du lien fraternel entre Caïn et Abel! Dieu demande à Caïn : « Où est ton frère Abel? » Dieu nous pose la même question aujourd’hui. Et nous sommes tentés de répéter la réponse dramatique de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère? »  La rupture du lien entre frères et sœurs est mauvaise pour la famille, pour l’humanité. Pensons à ces familles où frères et sœurs se disputent pour des petites choses, ou pour un héritage, ne se parlent plus, refusent de se voir.
 
Le pape ajoute : « La fraternité est une grande chose, quand on pense que tous les frères ont habité dans le sein de la même maman pendant neuf mois, ils viennent de la chair de leur maman! Et on ne peut pas rompre la fraternité. »
 
C’est là un fruit essentiel de la famille : introduire la fraternité dans le monde! C’est à partir de cette expérience première que le style de la fraternité rayonne sur la société et sur les relations entre les peuples.
 
Et la foi en Jésus mort et ressuscité pour tous les humains nous rend capables « de dépasser toute différence de nation, de langue, de culture et même de religion. […] Pensez à ce que devient le lien entre les hommes, même très différents entre eux, quand ils peuvent dire d’un autre : “Celui-ci est vraiment comme un frère, celle-ci est vraiment comme une sœur pour moi!” »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(44e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 9 juin 2018

Motiver ses troupes


J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons. (2 Corinthiens 4, 13)
 
Il n’est pas rare que dans un bon film hollywoodien, le personnage principal fasse un discours mémorable pour motiver et rassembler la foule afin de surmonter les épreuves et aller de l’avant. Même si nous pouvons deviner la suite, cela est émouvant. Nous disons alors que c’est organisé avec le « gars des vues ».
 
Dans la lettre de Paul aux Corinthiens, Paul est un peu comme un héros. Il se fait persuasif, rassembleur, convaincant. Son discours se veut rassurant et tourné vers l’espérance. En effet, ses propos sont imagés et il veut donner de l’espoir aux Corinthiens: “... nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.” L’intérieur de l’humain, c’est l’âme, c’est son cœur. C’est pourquoi Paul parle de l’abondance de la grâce de Dieu pour l’humanité. 
 
La deuxième lecture de ce dimanche, tout comme le psaume, nous invite à garder toujours espoir devant les embûches de la vie, devant les difficultés rencontrées. Dieu est à l’œuvre pour notre bonheur, ici et maintenant, comme dans la vie après la mort. L’espérance est donc au centre de l’annonce du message de Jésus. Oui près de lui est l’amour, près de lui abonde la miséricorde, le pardon, la paix et le bonheur.
 
René Laprise
Diacre permanent
(Ce texte a été publié dans la chronique Échos de la Parole de l'Office de catéchèse du Québec)

vendredi 1 juin 2018

Jeunes et grands-parents

Ça fait de très nombreuses années que je célèbre le sacrement de la confirmation pour des jeunes, en général au début de la vingtaine. Je leur demande de m’envoyer une lettre me disant, entre autres choses, quelles furent les personnes importantes dans leur vie. Ces milliers de lettres de confirmation que j’ai toujours lues avec intérêt, souvent avec émotion et profit spirituel, m’ont révélé la place très importante des grands-parents dans la vie humaine et chrétienne de ces jeunes.
 
Les psychologues peuvent aussi témoigner de la particularité de ces relations entre jeunes et grands-parents. Diverses études montrent que non seulement les enfants, mais aussi les jeunes ont besoin de leurs grands-parents pour peu à peu déterminer les valeurs qui leur permettront de trouver un sain épanouissement de leur personnalité.
 
Lors de rencontres avec de jeunes adultes qui vont recevoir le sacrement de la confirmation, plusieurs m’ont montré discrètement un chapelet, une médaille, une statue, un texte de prière, me disant : c’est un cadeau de ma grand-mère, de mon grand-père. Et j’ai constaté que ces grands-parents en profitaient pour faire une petite catéchèse, toute simple à leur petite-fille ou petit-fils.
 
Le pape François revient souvent sur ces relations entre générations. Il affirmait lors d’une audience générale : « Les enfants et les jeunes sont l’avenir, ils constituent la force, ceux qui font progresser. C’est en eux que nous mettons notre espérance. Les grands-parents sont la mémoire de la famille. Ce sont eux qui nous ont donné la foi, nous ont transmis la foi. Prendre soin des grands-parents et prendre soin des enfants sont preuve d’amour. » Et il ajoutait : « Un peuple qui ne sait pas prendre soin des enfants et un peuple qui ne sait pas protéger les grands-parents est un peuple sans avenir, car il n’a ni la force ni la mémoire qui font progresser. »
 
Le pape terminait une autre audience par ces mots sur la mission des grands-parents : « Les paroles des grands-parents ont quelque chose de spécial, pour les jeunes. Et ils le savent. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(43e texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 27 mai 2018

Il n’y a pas de famille parfaite

C’est ce que le pape François a rappelé avec délicatesse, tendresse et humour aux familles rassemblées à Philadelphie le 26 septembre 2015, lors de la fête des familles, au Benjamin Franklin Parkway.
 
Dieu est amour. C’est poussé par cet amour qu’il a créé le monde. « Mais le plus beau que Dieu ait fait – a dit la Bible – a été la famille. Il a créé l’homme et la femme. Et il leur a tout confié. »
Mais il y a des problèmes graves dans nos familles! Nous avons vite appris à nous diviser. « En peu de temps, le premier crime, le premier fratricide. Un frère tue son frère : la guerre. L’amour, la beauté et la vérité de Dieu, et la destruction de la guerre. Et entre ces deux positions, nous marchons aujourd’hui. Il nous revient de choisir, il nous revient de décider du chemin à suivre. »
 
Mais Dieu ne nous a pas abandonnés. Il nous a donné ce qu’il a de plus précieux : « Son Fils. Et Son Fils, où l’a-t-il envoyé? Dans un palais, dans une ville, pour créer une entreprise? Il l’a envoyé à une famille. »
 
Jésus a pu devenir l’un des nôtres grâce à l’accueil de Marie et de Joseph. Ils formaient une famille, le cœur ouvert à l’amour. « Dieu frappe toujours aux portes des cœurs. Il aime à le faire. Cela lui vient du cœur. Mais savez-vous ce qu’il aime le plus? Frapper aux portes des familles. Et trouver les familles unies, trouver les familles qui s’aiment, trouver les familles qui aident leurs enfants à grandir et les éduquent, et qui les font progresser, et qui créent une société de bonté, de vérité et de beauté. »
 
Mais dans nos familles, « toujours, toujours, il y a la croix. Toujours. » Tel fut d’ailleurs le chemin suivi par le Fils de Dieu qui a aimé jusqu’au bout, jusqu’à la croix. Après la croix, il y eut la résurrection. « C’est pourquoi, la famille est – excusez le mot – une usine d’espérance, d’espérance de vie et de résurrection, car Dieu a été celui qui a ouvert ce chemin. » En famille, les difficultés sont surmontées par l’amour. « L’amour est fête, l’amour est joie, l’amour, c’est aller de l’avant. »
 
Et le pape termine avec les mots paternels d’un sage qui aime beaucoup : « En famille, parfois, il y a des inimitiés. Le mari se querelle avec la femme, ou bien ils ne sont pas en bons termes entre eux ni les enfants avec leur père. Je vous donne un conseil : ne terminez jamais une journée sans faire la paix en famille. En famille, on ne peut terminer la journée en guerre. Que Dieu vous bénisse! Que Dieu vous donne la force! Que Dieu vous encourage à aller de l’avant! Protégeons la famille! Défendons la famille, car là se joue notre avenir. » 
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(42e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 18 mai 2018

Gardiens de la vie des enfants

Parlant des parents, le pape François a développé ce thème dans son allocution du 31 décembre 2017, fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph.
 
Les parents ne sont pas les propriétaires de leurs enfants. « Dieu seul est le Seigneur de l’histoire individuelle et familiale; tout nous vient de Lui. » Les parents doivent être les gardiens des enfants qui leur sont confiés par Dieu, les aidant à grandir et à mûrir. Les parents sont donc appelés à reconnaître le primat de Dieu le Père sur leurs enfants, en les éduquant à s’ouvrir à Dieu qui est la source même de la vie.
 
Le récit évangélique qui raconte, dans saint Luc, ce qui fut vécu par cette famille lors de la présentation de l’enfant au temple, se termine par ces mots : « Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »  (vv. 39-40)  
 
Le pape commente : « Une des grandes joies de la famille est la croissance des enfants. Ils sont destinés à se développer et à se fortifier, à acquérir la sagesse et à accueillir la grâce de Dieu, comme cela est arrivé à Jésus. Il est vraiment l’un de nous : le Fils de Dieu se fait enfant, il accepte de grandir, de se fortifier, il est plein de sagesse et la grâce de Dieu est sur Lui. Marie et Joseph ont la joie de voir tout cela dans leur enfant; et c’est la mission vers laquelle est orientée la famille : créer les conditions favorables pour la croissance harmonieuse et complète des enfants, afin qu’ils puissent vivre une vie bonne, digne de Dieu et constructive pour le monde. »
 
N’est-il pas souhaitable que les parents, ensemble, réfléchissent à cette mission de leur famille et se demandent comment ils la remplissent? La méditation de la vie de la Sainte Famille à Nazareth devient alors pour eux un repère pour discerner la qualité de leur vie humaine et chrétienne en famille.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(41e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 11 mai 2018

Présence paternelle

On connaît le grand succès du livre de Guy Corneau, Père manquant, fils manqué. Cet écrit a marqué son époque. Certes, il date et sans doute que les pères ont quelque peu changé depuis. Mais le rôle du père dans la famille est toujours débattu. Il est toujours opportun d’y réfléchir et de discerner ce qui est vécu.
 
C’est ce que fait le pape François dans son document intitulé La joie de l’amour. (par. 175-177)
 
La mère protège l’enfant avec affection, lui aide à grandir dans la confiance, à développer son auto-estime et sa capacité d’intimité et d’empathie. Le père, pour sa part, « aide à percevoir les limites de la réalité, et se caractérise plus par l’orientation, par la sortie vers le monde plus vaste et comportant des défis, par l’invitation à l’effort et à la lutte. » La présence de la mère et du père « crée l’atmosphère la plus propice pour la maturation de l’enfant. »
 
Dans la société occidentale en particulier, on a cherché à éliminer le père autoritaire, le père représentant d’une loi qui s’impose de l’extérieur, le père censeur du bonheur de ses enfants et obstacle à l’émancipation, à l’autonomie des jeunes. Mais ne va-t-on pas à l’autre extrême maintenant? Sommes-nous devenons une société sans pères?
 
« Les pères sont parfois si concentrés sur eux-mêmes et sur leur propre travail et parfois sur leur propre réalisation individuelle qu’ils en oublient même la famille. Et ils laissent les enfants et les jeunes seuls. » La présence paternelle est aussi affectée par le temps consacré aux moyens de communication et à la technologie du divertissement. Ajoutons à cela le fait qu’aujourd’hui l’autorité est objet de soupçon. Les pères risquent alors de ne plus donner d’orientations sûres et bien fondées à leurs enfants. Ces derniers ont pourtant besoin de la présence aimante et ferme du père pour vivre leur processus de maturation.
 
Jaillissent alors des questions adressées aux pères. Jouent-ils avec leurs enfants? Ont-ils le courage et l’amour de perdre du temps avec leurs enfants? Dialoguent-ils avec eux? Donnent-ils à leurs enfants, à travers exemples et paroles, les principes, les valeurs, les règles de vie dont ils ont besoin?
 
« Il semble que les pères ne sachent pas bien quelle place occuper en famille et comment éduquer leurs enfants. Et alors, dans le doute, ils s’abstiennent, se retirent et négligent leurs responsabilités, en se réfugiant parfois dans un improbable rapport “d’égal à égal” avec leurs enfants. C’est vrai qu’il faut être “ami” de son enfant, mais sans oublier que l’on est le père! Si l’on se comporte seulement comme un ami qui est l’égal de l’enfant, cela ne fera pas de bien au jeune. »
 
Il n’est pas bon que les enfants soient sans parents, comme il y en a tellement aujourd’hui. Et pas seulement dans les pays ravagés par les guerres qui multiplient les orphelins!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(40e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 5 mai 2018

Présence maternelle

Les questions entourant la conciliation travail-famille sont cruciales de nos jours à tous les niveaux de notre société. Le ministère de la Famille du Québec a de gros dossiers à ce sujet. Les universités cherchent à développer divers chemins pour une telle conciliation. Les syndicats s’en préoccupent. Il est bien perçu qu’il s’agit là de questions cruciales pour le milieu du travail et de la famille, ainsi que pour l’équilibre des personnes, parents et enfants.
 
Quelques réflexions générales sur la présence maternelle dans la famille peuvent apporter un peu d’eau à ce moulin qui cherche à retisser nos relations humaines et notre avenir. Je retiens ce qu’en a dit le pape François dans une audience générale. Relevons d’abord ce qui est une évidence, mais qui peut être tellement négligé : « Chaque personne humaine doit la vie à une mère, et presque toujours, elle lui doit une grande partie de son existence successive, de sa formation humaine et spirituelle. » Il existe beaucoup de poésies sur la mère! Mais, elle « est peu écoutée et peu aidée dans la vie quotidienne, peu considérée dans son rôle central dans la société. Souvent, on profite même de la disponibilité des mères à se sacrifier pour les enfants pour “économiser” sur les dépenses sociales. »
 
C’est un appel à mieux écouter ces femmes : « Il faudrait comprendre davantage leur lutte quotidienne pour être efficaces au travail et attentives et affectueuses en famille; il faudrait mieux comprendre à quoi elles aspirent pour exprimer les fruits les meilleurs et les plus authentiques de leur émancipation. »
 
« Une société sans mères serait une société inhumaine, parce que les mères savent témoigner toujours, même dans les pires moments, de la tendresse, du dévouement, de la force morale. Les mères transmettent souvent également le sens le plus profond de la pratique religieuse. » Comme au temps de saint Paul, comme au temps du régime communiste en Russie, encore aujourd’hui ce sont souvent les mères et les grand-mères qui transmettent les valeurs fondamentales pour toute la vie des enfants.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(39e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 28 avril 2018

L’amour du père et de la mère

Lors d’une audience générale, le pape François a pris comme thème : les promesses que les parents font à leurs enfants en les faisant venir au monde. Pour leurs enfants, ce sont des promesses « décisives pour leurs attentes à l’égard de la vie, pour leur confiance à l’égard des êtres humains, pour leur capacité de concevoir le nom de Dieu comme une bénédiction. »
 
Il ajoutait : « Accueil et soin, proximité et attention, confiance et espérance, sont autant de promesses de base, qui peuvent se résumer en une seule : amour. » Mettre un enfant au monde, c’est lui promette un amour qui saura prendre soin et se dire par l’attention, la confiance, un accueil véritable.
 
Dans son magnifique texte sur La joie de l’amour (par. 172), le pape reprend : « Dès qu’ils naissent, les enfants commencent à recevoir en don, avec la nourriture et les soins, la confirmation des qualités spirituelles de l’amour. Les actes de l’amour passent à travers le don du nom personnel, la transmission du langage, les intentions des regards, les illuminations des sourires. Ils apprennent ainsi que la beauté du lien entre les êtres humains vise notre âme, recherche notre liberté, accepte la diversité de l’autre, le reconnaît et le respecte comme interlocuteur. » C’est cela, l’amour parental, étincelle de l’amour même de Dieu.
 
« Tout enfant a le droit de recevoir l’amour d’une mère et d’un père, tous deux nécessaires pour sa maturation intégrale et harmonieuse. » C’est là un besoin et un droit naturels. Père et mère, tous deux, ensemble, mais chacun à sa façon, contribuent à l'éducation des enfants et à leur sécurité. Tous deux, homme et femme, père et mère, sont « les coopérateurs de l’amour du Dieu Créateur et comme ses interprètes. » (par. 50.2) Ils sont pour leurs enfants le visage maternel et le visage paternel de Dieu le Père.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(38e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 21 avril 2018

Qu’est-ce qu’un enfant?

Le pape François a partagé, lors d’une audience générale, une réflexion stimulante sur ce que sont les enfants, quelle est leur importance dans la vie de la famille et de la société.
 
Il affirme qu’il y a « un lien étroit entre l’espérance d’un peuple et l’harmonie entre les générations. » La joie des enfants fait palpiter le cœur des parents, des grands-parents, et ouvre l’avenir de la famille et de la société. Les enfants « ne sont pas un problème de biologie reproductive, ni l’une des nombreuses façons de se réaliser. Ils ne sont pas davantage une possession des parents. Non. Les enfants sont un don, ils sont un cadeau. »
 
Chaque enfant est unique et irremplaçable. Et il est lié à ses racines. « Être fils et fille, en effet, selon le dessein de Dieu, signifie porter en soi la mémoire et l’espérance d’un amour qu’il a réalisé lui-même en allumant la vie d’un autre être humain, original et neuf. »
 
Le pape affirme avec force que chaque enfant est différent. Et il évoque un souvenir familial. « Je me souviens de ma maman qui disait de nous — nous étions cinq — : “Mais moi j’ai cinq enfants”. Quand on lui demandait : “Lequel préfères-tu?”, elle répondait : “J’ai cinq enfants, comme cinq doigts. [Le Pape montre les doigts de la main] Si on me frappe sur celui-là, ça me fait mal; si on me frappe sur cet autre-là, ça me fait mal. Ils me font mal tous les cinq. Ce sont tous mes enfants, mais ils sont tous différents comme les doigts d’une main”. Et c’est ainsi qu’est la famille! Les enfants sont différents, mais tous sont des enfants. »
 
Et il continue avec cette réflexion : « On aime un enfant parce qu’il est un enfant : non pas parce qu’il est beau, ou parce qu’il est comme ci ou comme ça; non, parce que c’est un enfant! Non pas parce qu’il pense comme moi, ou qu’il incarne mes désirs. Un enfant est un enfant : une vie générée par nous mais qui lui est destinée à lui, à son bien, au bien de la famille, de la société, de l’humanité entière. »
 
Un lien positif entre les générations est une garantie d’avenir et d’une histoire vraiment humaine. « Si une famille riche d’enfants est regardée comme si elle était un poids, il y a quelque chose qui ne va pas! » La génération des enfants doit être responsable. Mais avoir plus d’enfants ne peut pas automatiquement être vu comme un choix irresponsable. « La vie rajeunit et acquiert de l’énergie en se multipliant : elle s’enrichit, elle ne s’appauvrit pas! »
 
Et le pape résume sa vision de la vie humaine : « Il y a dans la multiplication des générations un mystère d’enrichissement de la vie de tous, qui vient de Dieu lui-même. » Et il termine : « Et je vous dis : comme il beau, lorsque je passe parmi vous, de voir les papas et les mamans qui portent leurs enfants afin qu’ils soient bénis; c’est un geste presque divin. Merci de le faire! »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(37e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 14 avril 2018

Poser des questions... pour devenir témoins

Luc 24,35-48
Dimanche 15 avril 2018
3e dimanche de Pâques
L’origine de l’univers, l’existence de Dieu
 
Le lundi de Pâques au soir, alors que nous étions à prendre le repas en famille, mes filles se sont misent à poser des questions sur l’origine de l’existence de Dieu et l’origine de l’univers. Des questions assez sérieuses pour le congé pascal. Nous avions possiblement mangé trop de chocolat!
 
En fait, les questions existentielles ne sont pas nouvelles et elles se posent pour chaque génération. C’est dans la nature humaine de se poser des questions. Les disciples et les Apôtres se posaient bien des questions au lendemain de la mort de Jésus et de sa disparition du tombeau. Ils ne croyaient pas ce que les femmes avaient vu en se rendant au tombeau et ce que les disciples avaient vécu sur le chemin d’Emmaüs. Oui, il est parfois difficile de croire.
 
L’évangile de ce dimanche nous raconte tous ce que Jésus a dû faire pour que les Apôtres en arrivent à le reconnaître et à le croire. « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi! Touchez-moi, regardez-moi : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Mais Jésus se fait rassurant et les invite à la confiance en leur rappelant les écritures et en leur donnant sans tarder une mission : « À vous d’en être les témoins ».
 
René Laprise
Diacre permanent
 
(Ce texte a d’abord été publié dans la chronique Échos de la Parole sur le site Internet de l'Office de catéchèse du Québec)

vendredi 13 avril 2018

Les finalistes dans la catégorie "livres religieux"

De tous les livres reçus par Communications et Société suite à l'appel lancé auprès des éditeurs, cinq finalistes ont été retenus. Le Jury déterminera parmi ceux ci quel sera le récipiendaire du Prix littéraire de Communications et Société dans la catégorie "livre religieux". Mon récent livre Il nous aima jusqu'au bout, paru chez Médiaspaul, est l'un des cinq finalistes. Je tiens à remercier Communications et Société pour cette marque de reconnaissance.

samedi 7 avril 2018

Le nombre d’enfants pour un couple?

Nous vivons dans une société qui entretient une mentalité antinataliste. Le taux de natalité se situe bien en deçà du taux de remplacement. Ce qui risque de conduire non seulement à un appauvrissement économique, mais à une perte d’espérance et de confiance en l’avenir (par. 10).
 
Le pape François a rappelé les enseignements de Paul VI sur le don de la vie à des enfants. L'amour conjugal exige des époux une conscience de leur mission de « paternité responsable ». Une telle paternité implique « que les conjoints reconnaissent pleinement leurs devoirs envers Dieu, envers eux-mêmes, envers la famille et envers la société, dans une juste hiérarchie des valeurs. » (par. 10) Il faut toujours savoir respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances. Et à la fin, la décision d’espacer les naissances sera le résultat « d’un dialogue consensuel entre les époux. » (par. 222)
 
Retenons cette conclusion du pape François : « Les familles nombreuses sont une joie pour l’Église. En elles, l’amour exprime sa généreuse fécondité. Ceci n’implique pas d’oublier la saine mise en garde de saint Jean-Paul II, lorsqu’il expliquait que la paternité responsable n’est pas une “procréation illimitée ou un manque de conscience de ce qui est engagé dans l'éducation des enfants, mais plutôt la possibilité donnée aux couples d'user de leur liberté inviolable de manière sage et responsable, en prenant en compte les réalités sociales et démographiques aussi bien que leur propre situation et leurs désirs légitimes”. » (par. 167)
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(36e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 31 mars 2018

L’accueil d’une vie nouvelle

L’enfant « arrive comme un don de Dieu ». Ainsi parle le pape François (par. 166). Est reflétée dans la naissance de chaque enfant « la primauté de l’amour de Dieu » qui prend toujours l’initiative du don de la vie, don qui vient de son amour toujours prévenant. Car les enfants sont aimés et donnés, « avant d’avoir fait quoi que ce soit pour le mériter ». Ce qui est premier, c’est l’amour de Dieu qui y agit.
 
Pourtant, beaucoup d’enfants sont rejetés, abandonnés, mal accueillis. Les conséquences peuvent être très graves pour de tels enfants. Ils risquent de penser qu’ils ne devraient pas exister, qu’ils sont une erreur, qu’ils ne valent rien. Ils pourront se sentir abandonnés aux blessures infligées par les heurts et incompréhensions de la vie en société.
 
Que faut-il faire alors? « Si un enfant naît dans des circonstances non désirées, les parents ou d’autres membres de la famille doivent faire tout leur possible pour l’accepter comme un don de Dieu et pour assumer la responsabilité de l’accueillir avec sincérité et affection. » C’est certes là un chemin exigeant, mais tellement important pour l’avenir de cet enfant et plus tard de la société dans laquelle il vivra.
 
Le pape résume ce chemin : « Le don d’un nouvel enfant que le Seigneur confie à un papa et à une maman commence par l’accueil, continue par la protection tout au long de la vie terrestre et a pour destination finale la joie de la vie éternelle. Un regard serein vers l’ultime accomplissement de la personne humaine rendra les parents encore plus conscients du précieux don qui leur a été confié. »   
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(35e texte d’une série sur La joie de l’amour)