vendredi 9 novembre 2018

Tu es appelé à la sainteté

On peut être porté à penser que la sainteté est réservée à certaines catégories de membres de l’Église : papes, évêques, religieuses et religieux, personnes contemplatives. La Bible nous enseigne que ce n’est pas le cas : elle nous fait connaître une multitude de ces personnes, toutes différentes, appelées à la sainteté. Chaque appel diffère et est ajusté à la personnalité de celui ou celle appelés à suivre un chemin, son chemin de sanctification.
 
C’est ce que le pape François explicite bien : « Il y a des témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver, mais non pour que nous les copiions, car cela pourrait même nous éloigner de la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous. Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Corinthien 12,7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. » (par. 11)
 
Ce qui importe, c’est que chacun progresse dans les chemins de la sainteté en réalisant « ce projet unique et inimitable que Dieu a voulu pour lui de toute éternité. »
 
Les saints ne sont pas copiés les uns sur les autres. Chacun est unique : Dieu le veut ainsi de toute éternité et lui donne les grâces pour répondre à cet appel unique, personnalisé, différent de tous les autres.
 
Certes, les saintes et saints qui nous ont précédés peuvent nous inspirer, nous stimuler dans notre marche. Mais nous n’avons pas à prétendre les reproduire en nous. Chaque personne croyante est une œuvre unique façonnée par l’Esprit de Jésus ressuscité selon le plan d’amour éternel du Père. À chacune, à chacun de collaborer dans la foi amoureuse à cette œuvre divine.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(7e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

vendredi 2 novembre 2018

« Les saints de la porte d’à côté »

C’est là une belle expression du pape François (par. 6) pour parler des saintes et des saints que nous côtoyons quotidiennement, hélas souvent sans nous en rendre compte. Il les qualifie aussi de « la classe moyenne de la sainteté. » De qui s’agit-il?
 
Le pape l’a expliqué lors de l’angélus du 1er novembre 2015. Ce sont les personnes « qui se sont efforcées, avec la grâce de Dieu, d’appliquer l’Évangile dans leur vie normale de tous les jours. Des saints comme ça, on en a rencontré nous aussi; peut-être en avons-nous eu un dans notre famille, ou bien parmi nos amis et connaissances. Nous devons leur être reconnaissants, mais surtout être reconnaissants à Dieu qui nous les a donnés, qui les a mis près de nous, comme des exemples vivants et contagieux d’une manière de vivre et de mourir, fidèles au Seigneur Jésus et à son Évangile. »
 
Depuis très longtemps, je suis convaincu que dans chaque paroisse, dans chaque communauté, si petite soit-elle, il y a des saints. Ne dit-on pas : « Un tel, c’est un vrai saint! » Nous en côtoyons tous les jours. Ces personnes sont des exemples qui nous enseignent comment vivre un aspect ou l’autre de l’Évangile.
 
Ces personnes ne seront sans doute pas canonisées. Mais elles doivent nous inspirer durant leur vie et continuer, après leur mort, à vivre dans le mémoire et dans le cœur des personnes qui les ont côtoyées, ont vu leur qualité de vie chrétienne, leur foi, leur espérance, leur charité, leur bonté, leur patience, leur générosité.
 
Le pape ajoutait : « Imiter leurs gestes d’amour et de miséricorde est un peu comme perpétuer leur présence sur cette terre. Et en effet, ces gestes évangéliques sont les seuls qui résistent à la destruction de la mort : un geste de tendresse, une aide généreuse, un moment passé à écouter, une visite, une bonne parole, un sourire… À nos yeux ces gestes peuvent sembler insignifiants, mais aux yeux de Dieu ils sont éternels, car l’amour et la compassion sont plus forts que la mort. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(6e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)