jeudi 12 juillet 2018

La préparation au mariage

L’alliance d’amour entre un homme et une femme, pour toute une vie, ne s’improvise pas. Elle ne se réalise pas non plus en un jour. Et beaucoup d'obstacles s’opposent à ce que les futurs couples acceptent de prendre le temps nécessaire pour une réelle maturation et de s’y faire aider.
 
Nous ne parlons presque plus de fiançailles! La culture et la société actuelle sont devenues plutôt indifférentes à la délicatesse et au sérieux du passage des fréquentations au mariage. D’où la nécessité d’un temps de préparation, soutenu par les communautés chrétiennes, et si possible animé non seulement par un prêtre, mais aussi par des couples ayant une bonne expérience conjugale et familiale.
 
Il est pourtant difficile pour les communautés paroissiales de mettre en œuvre une véritable préparation au mariage chrétien. Souvent, les personnes qui aspirent à un tel mariage religieux, sacramentel, ne reconnaissent pas la nécessité d’un tel temps de préparation sérieuse et suffisamment prolongée.
 
Le pape François donne une grande attention à ce temps de murissement et de discernement des futurs époux. Il a à cœur une bonne préparation des couples qui veulent entreprendre une vie ensemble dans l’amour, la fidélité, la fécondité, la durée. Ainsi, il déclarait lors d’une audience générale au sujet des cours de préparation au mariage (Voir, parmi de très nombreuses offres de tels cours) : « Nous voyons de nombreux couples, qui arrivent à ce cours peut-être un peu de mauvais gré […] Mais après, ils sont contents et ils remercient, car en effet ils ont trouvé là l’occasion — souvent l’unique! — de réfléchir sur leur expérience en termes qui ne sont pas banals. Oui, de nombreux couples sont ensemble depuis longtemps, peut-être même dans l’intimité, parfois ils cohabitent, mais ils ne se connaissent pas vraiment. Cela semble étrange, mais l’expérience démontre qu’il en est ainsi. C’est pourquoi il faut réévaluer les fiançailles comme un temps de connaissance réciproque et de partage d’un projet. Le chemin de préparation au mariage doit être organisé dans cette perspective, en se servant également du témoignage simple, mais intense des conjoints chrétiens. »
 
Pour qui veut aller plus loin dans cette réflexion, le pape offre d’amples développements dans La joie de l’amour (par. 205-231).
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(48e texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 8 juillet 2018

Le trésor du pardon en famille

La famille peut devenir un lieu de tensions, de conflits, même de ruptures. Comment parvenir à gérer ces situations qui peuvent blesser profondément un ou des membres de la famille?
 
Savoir dire des paroles et poser des gestes de pardon : voilà des façons de retisser les liens familiaux, de les réparer, même de les fortifier. C’est ce que le pape François (audience générale du 4 novembre 2015) a expliqué : « La famille est une grande école d’entraînement au don et au pardon réciproque sans lesquels aucun amour ne peut durer longtemps. Sans se donner et sans se pardonner, l’amour ne reste pas, il ne dure pas. »
 
Chaque jour, nous nous heurtons, nous nous faisons du mal l’un l’autre. C’est inévitable : nous sommes fragiles, souvent égoïstes, pensant plus à nous-mêmes qu’à l’autre. Que faire alors? L’important est de retisser chaque jour les fils que nous brisons ainsi. Plus nous attendons, plus nous risquons que ça devienne difficile.
 
S. Paul recommandait aux disciples de ses communautés : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » (Éphésiens 4, 26) Le pape François dit la même chose aux membres des familles. Il insiste sur ce secret simple, mais efficace pour guérir les blessures et pour éliminer les accusations. Il importe de ne pas laisser la journée prendre fin « sans se demander pardon, sans faire la paix entre époux et épouse, entre parents et enfants, entre frères et sœurs. »
 
Et le pape explicite les bienfaits de cette pratique quotidienne : « Les blessures guérissent, le mariage se fortifie, et la famille devient une maison toujours plus solide, qui résiste aux secousses de nos méchancetés petites et grandes. Et pour cela, il n’est pas nécessaire de se faire un grand discours, mais une caresse suffit : une caresse, et tout est fini et recommence. Mais il ne faut pas finir la journée dans la guerre! »
 
Apprendre à pratiquer le pardon en famille nous rend capables de le pratiquer aussi dans les diverses relations sociales. « La pratique du pardon non seulement sauve les familles de la division, mais les rend capables d’aider la société à être moins mauvaise et moins cruelle. » Certes difficile à vivre! Mais l’Esprit de Jésus nous est donné pour nous en rendre capables jour après jour.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(47e texte d’une série sur La joie de l’amour)