dimanche 20 janvier 2019

Des dons variés, une même source

Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (12, 4-11)
 
Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul met en lumière que les dons de la grâce, les services et les activités sont variés, mais que toujours c’est le même Esprit, le même Seigneur et le même Dieu qui agit en tout et en tous. En revoyant les images de nos fêtes familiales et paroissiales, il y a là un écho révélateur qu’à « chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien » selon les dons variés de la grâce.
 
Alors que les festivités de la période des fêtes sont passées et que la nouvelle année a pris son envol, chacun et chacune a repris ses activités, son travail ou ses études. Il en va de même de la vie liturgique des paroisses : les célébrations spéciales pour Noël et le Nouvel An, jusqu’au dimanche du baptême du Seigneur, sont terminées et la vie paroissiale se poursuit normalement. C’est un bon moment pour porter un regard sur les célébrations que nous avons vécues dans nos familles et même dans notre communauté chrétienne.
 
Les rassemblements familiaux, petits et grands, sont souvent l’occasion de reprendre contact, de partager un bon repas, de porter attention à ce qui a marqué la dernière année, de partager ses rêves et ses projets, ou encore de se faire accueillant et de partager ses talents. Chaque famille est unique, avec ses dons, ses joies et ses peines. Cette image de la famille s’applique également dans la collectivité plus large de son quartier, de sa communauté paroissiale. À Noël, plusieurs apportent leur aide pour ceux et celles dans le besoin, pour les personnes âgées ou malades : c’est la une œuvre à poursuive en tout temps ! Inspirés par la Parole, nos milieux laissent éclore l’abondance des dons et la joie de la nativité que nous célébrons.
 
René Laprise
Diacre permanent
(Ce texte a été publié dans la chronique Échos de la Parole de l'Office de catéchèse du Québec)

jeudi 17 janvier 2019

Les œuvres de l’Esprit Saint

Dans mes textes précédents, j’ai lu avec vous le premier chapitre (L’appel à la sainteté) du beau texte du pape François : Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse (par. 3 à 34). Qu’est-ce que tu en retiens? À chacune, à chacun de faire sa propre synthèse! Je me limite ici à quelques idées qui me semblent essentielles.
 
J’ai de nombreux témoins, soit dans l’histoire sainte de l’Église, soit dans ma famille immédiate, qui sont là pour m’encourager à écouter et à suivre cet appel à la sainteté (par. 3-9). Car le Seigneur Dieu a bien pour moi un projet personnel, unique et spécifique : un chemin unique et inimitable de sanctification et donc de témoignage de vie chrétienne dans mon milieu (par. 10-18). Je note en passant le beau paragraphe 12 sur les « styles féminins de sainteté, indispensables pour refléter la sainteté de Dieu en ce monde. » Et je me sens très fortifié par l’affirmation (par. 15) : « La sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (cf. Ga 5,22-23). » De plus, je ne suis pas seul dans ce défi de progresser dans la sainteté! Il y a l’Église. « Le Seigneur l’a remplie de dons par sa Parole, par les sacrements, les sanctuaires, la vie des communautés, le témoignage de ses saints… » Alors, il s’agit de progresser par des petits pas, des petits gestes!
 
La sainteté dans ma vie est d’abord et essentiellement un projet, une volonté amoureuse du Père sur moi. Elle consiste en ce que Jésus vienne me partager sa propre vie de ressuscité : il vient vivre en moi son mystère de mort et de résurrection, avec des accents sur certains « mystères » de sa vie : pauvreté, humilité, amour des pauvres, etc. Ainsi, peu à peu, par la force de l’Esprit et en y étant docile, je peux modeler toute ma vie sur la sienne.
 
J’écoute cette exhortation du pape : « Demande toujours à l’Esprit ce que Jésus attend de toi à chaque moment de ton existence et dans chaque choix que tu dois faire, pour discerner la place que cela occupe dans ta propre mission. Et permets-lui de forger en toi ce mystère personnel qui reflète Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. » (par. 23)
 
Et toi, qu’est-ce que tu soulignes des paroles du pape François? Qu’est-ce qu’elles provoquent dans ta vie?
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(15e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

jeudi 10 janvier 2019

Ta vie est un message

C’est le pape qui te le dit! (par. 22-24) En toi, comme en chaque disciple de Jésus, l’Esprit-Saint incruste un message. Pour le faire, il puise dans les richesses de Jésus. Il réalise en toi un aspect particulier de la vie de Jésus. Et l’Esprit veut par ta vie ainsi sanctifiée offrir ce message aux gens qui vivent près de toi.
 
Comment vas-tu faire pour reconnaître quelle est cette parole que le Seigneur veut dire à travers toi? Tous les détails de ta vie ne sont pas nécessairement parfaits! Il peut y avoir des erreurs, des chutes, car il se peut que tu ne sois pas toujours fidèle à l’Évangile. Ce qu’il te faut considérer, c’est l’ensemble de ta vie pour y détecter ce qui y reflète quelque chose de Jésus-Christ.
 
« Essaie de le faire en écoutant Dieu dans la prière et en reconnaissant les signes qu’il te donne. Demande toujours à l’Esprit ce que Jésus attend de toi à chaque moment de ton existence et dans chaque choix que tu dois faire, pour discerner la place que cela occupe dans ta propre mission. Et permets-lui de forger en toi ce mystère personnel qui reflète Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. »
 
Et le pape te fait un souhait, demandant pour toi la grâce de l’Esprit qui t’éclairera sur ce que tu vis. « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(14e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

jeudi 3 janvier 2019

Vivre les mystères du Christ

C’est par cette expression que le pape François (par. 20), à la suite du pape Benoît XVI et de nombreux autres auteurs, indique la route vers la sanctification. Que signifie cette expression? Elle est au cœur de la spiritualité de l’École française qui parle des « états et mystères » de Jésus. S. Jean Eudes en montre la fécondité dans la vie spirituelle et apostoliqueLe Catéchisme de l’Église catholique l’explicite longuement. C’est à lire! Je me limite à citer le pape François, qui pour sa part cite le catéchisme rédigé à la suite du concile Vatican II.
 
La mission de tout baptisé est de devenir un saint et de rayonner la vie du Ressuscité. « Pour un chrétien, il n’est pas possible de penser à sa propre mission sur terre sans la concevoir comme un chemin de sainteté, car “voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification” (1 Thessaloniciens 4, 3). Chaque saint est une mission; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile. »
 
« Cette mission trouve son sens plénier dans le Christ et ne se comprend qu’à partir de lui. Au fond, la sainteté, c’est vivre les mystères de sa vie en union avec lui. Elle consiste à s’associer à la mort et à la résurrection du Seigneur d’une manière unique et personnelle, à mourir et à ressusciter constamment avec lui. Mais cela peut impliquer également de reproduire dans l’existence personnelle divers aspects de la vie terrestre de Jésus : sa vie cachée, sa vie communautaire, sa proximité avec les derniers, sa pauvreté et d’autres manifestations du don de lui-même par amour. La contemplation de ces mystères, comme le proposait saint Ignace de Loyola, nous amène à les faire chair dans nos choix et dans nos attitudes. Car “tout dans la vie de Jésus est signe de son mystère”, “toute la vie du Christ est Révélation du Père”, “toute la vie du Christ est mystère de Rédemption”, “toute la vie du Christ est mystère de Récapitulation”, et “tout ce que le Christ a vécu, il fait que nous puissions le vivre en lui et qu’il le vive en nous”. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(13e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

jeudi 27 décembre 2018

Qu’est-ce que la sainteté?

« La sainteté, la plénitude de la vie chrétienne ne consiste pas à accomplir des entreprises extraordinaires, mais à s'unir au Christ, à vivre ses mystères, à faire nôtres ses attitudes, ses pensées, ses comportements. La mesure de la sainteté est donnée par la stature que le Christ atteint en nous, par la mesure dans laquelle, avec la force de l'Esprit Saint, nous modelons toute notre vie sur la sienne. » (Benoît  XVI audience du 13 avril 2011).
 
Personne n’est exclu de l’appel universel à la sainteté! Et il n’y a qu’une seule sainteté. Elle consiste à marcher à la suite de Jésus pauvre, humble, aimant jusqu’au don de sa vie.
 
Le pape Benoît insiste : « Comment pouvons-nous parcourir la voie de la sainteté, répondre à cet appel? Puis-je le faire avec mes propres forces? » Une vie sainte n’est pas le fruit de notre effort, car c’est Dieu qui nous rend saints. L’œuvre de sanctification est le fruit de l’action de l’Esprit Saint qui nous anime de l’intérieur, qui nous communique la vie du Christ ressuscité et ainsi nous transforme de plus en plus en enfants de Dieu, saints devant le Père.
 
La sainteté est foncièrement un don divin. Mais il faut, toujours avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever tout au long de notre vie. « La sainteté a donc sa racine ultime dans la grâce baptismale, dans le fait d’être greffés dans le Mystère pascal du Christ, avec lequel nous est communiqué son Esprit, sa vie de Ressuscité. […]   Mais Dieu respecte toujours notre liberté et demande que nous acceptions ce don et vivions les exigences qu’il comporte, il demande que nous nous laissions transformer par l’action de l’Esprit Saint, en conformant notre volonté à la volonté de Dieu. »
 
Puis Benoît XVI demande : « Comment notre façon de penser et nos actions peuvent-elles devenir la manière de penser et d’agir du Christ et avec le Christ? Quelle est l’âme de la sainteté? » Il répond : la charité, l’amour envers Dieu et envers le prochain. Et il cite saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux […] Si tu te tais, tais-toi par amour; si tu parles, parle par amour; si tu corriges, corrige par amour; si tu pardonnes, pardonne par amour. »
 
Voilà l’humble et quotidien chemin à suivre pour notre sanctification!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(12e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

jeudi 20 décembre 2018

Quelques conseils pour cheminer

Ces conseils viennent de notre pape qui y revient tellement souvent! Tu es invité à les lire, à y réfléchir, à voir comment ils t’interpellent, te soutiennent, te font voir de nouveaux chemins de sanctification au cœur de ta vie la plus ordinaire.
 
« Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu et pour cela choisis-le, choisis Dieu sans relâche. Ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint pour que ce soit possible; et la sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (cf. Galates 5, 22-23). Quand tu sens la tentation de t’enliser dans ta fragilité, lève les yeux vers le Crucifié et dis-lui : “‘Seigneur, je suis un pauvre, mais tu peux réaliser le miracle de me rendre meilleur”’. Dans l’Église, sainte et composée de pécheurs, tu trouveras tout ce dont tu as besoin pour progresser vers la sainteté. Le Seigneur l’a remplie de dons par sa Parole, par les sacrements, les sanctuaires, la vie des communautés, le témoignage de ses saints, et par une beauté multiforme qui provient de l’amour du Seigneur. » (par. 15)
 
Marcher sur un chemin de sanctification, c’est à la fois accueillir les lumières et impulsions de l’Esprit-Saint et poser ces multiples petits gestes par lesquels « nous construisons ce modèle de sainteté que Dieu a voulu, non pas en tant qu’êtres autosuffisants mais “comme de bons intendants d’une multiple grâce de Dieu” (1 Pierre 4,10). » (par. 18) Nous sommes fragiles! Mais le Christ Jésus Ressuscité vient au secours de notre faiblesse : il nous partage sa propre force de vie et de sainteté. Son amour pour nous est inconditionnel n’a pas de limite. Il demeure toujours fidèle. Par l’Esprit, Jésus nous donne de participer à son amour même pour le Père et pour les autres autour de nous. Il marche avec nous, devant nous, sur notre chemin de sanctification!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(11e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)

jeudi 13 décembre 2018

Dieu veut ta sanctification

Tu peux être porté à dire : Dieu ne veut surement pas cela pour moi! Je suis trop imparfait pour cela! De toute façon, je n’y arriverai jamais!
 
Pourtant, dans son enseignement aux jeunes chrétiens d’Éphèse, saint Paul (Éphésiens 1, 3-8) est très affirmatif et clair. Lisons ce texte :
 
« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. »
 
Accueille cette bouleversante révélation en reconnaissant qu’elle te concerne personnellement. Il t’a béni et comblé de bénédictions même avant ta naissance. Il t’a choisi « pour que tu sois saint devant lui ». Il t’a préparé à être son fils, sa fille adoptive. Telle est sa bonté pour toi! Tu es pécheur? En Jésus le Père te donne le pardon de tes fautes!
 
Tu n’en es pas digne! Mais c’est une grâce à accueillir! Elle vient de la grande miséricorde de Dieu et nous est offerte gratuitement! Saint Paul l’explique avec insistance aux Éphésiens (2, 5-9) :
 
« Dieu est riche en miséricorde; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. »
 
Oui, Dieu le Père veut ta sanctification! Et il est allé jusqu’à envoyer son Fils pour t’y conduire! Il continue sans cesse à t’envoyer son Esprit pour te purifier et te renouveler.
 
Cet Esprit, grand don du Père, te rend capable de traduire dans ton quotidien, si petit soit-il, le rêve de Dieu sur toi : il te veut saint, sainte!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(10e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)