Nous connaissons les moyens généraux de sanctification traditionnellement
enseignés et pratiqués dans l’Église : les différentes formes de prière,
chacun des sacrements et en particulier l’Eucharistie et de la Réconciliation,
l’offrande des sacrifices imposés par la vie quotidienne en union avec Jésus
crucifié, les diverses formes de dévotion populaire, la direction
spirituelle ou encore les Exercices
de s. Ignace, etc.
Le pape François, dans son magnifique texte sur la sainteté
(par. 110-157), présuppose ces moyens de sanctification. Il choisit de se référer
uniquement à quelques aspects de notre temps qui interfèrent avec l’appel à la sainteté
et dont il faut particulièrement tenir compte dans le cheminement d’une vie de
foi.
Le pape explicite son projet : « Ces
caractéristiques que je voudrais souligner ne sont pas toutes celles qui
peuvent composer un modèle de sainteté, mais elles sont au nombre de cinq, les
grandes manifestations de l’amour envers Dieu et le prochain. » Nous
examinerons ces cinq points dans les textes qui vont suivre.
Le pape les privilégie parce qu’il les « considère
d’une importance particulière, vu certains risques et certaines limites de la
culture d’aujourd’hui. Dans cette culture se manifestent : l’anxiété
nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit; la négativité et la
tristesse; l’acédie commode, consumériste et égoïste; l’individualisme et
de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui
règnent dans le marché religieux actuel. » (par. 111)
Cette énumération sommaire veut nous aider à nous situer
face à notre milieu culturel, social et religieux, ainsi que face à ce que
chacun vit intérieurement de résistances ou de réticences
quand il sent que l’Esprit tente de l’attirer que Dieu et vers le prochain. Car
la sainteté consiste foncièrement à être solidement axé sur Dieu et son grand
commandement de l’amour en acte de tout être humain, surtout du plus rejeté,
devenu un déchet dans notre société de consommation et du gaspillage.
D’où la nécessité de prier l’Esprit Saint qui continue
l’œuvre de Jésus ressuscité dans le cœur et la vie des croyants et croyantes,
et ainsi « achève toute sanctification. » (Prière eucharistique IV)
Évêque émérite de Gatineau
(33e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)