Cette femme a profondément marqué le début de la présence française
et ecclésiale au Canada. Dès 1639, elle est arrivée à Québec avec deux
compagnes ursulines pour éduquer et instruire les jeunes filles autochtones et françaises.
Sa présence avec les colons, les gouvernants, les missionnaires, les familles
fut d’un très grand apport pour implanter sur les bords du St-Laurent une
société chrétienne saine et ouverte à la diversité culturelle.
Qui veut lire un bon aperçu de sa vie peut consulter un texte
fourni par les Ursulines de Québec.
Nous sommes d’abord étonnés du fait que, si jeune, Marie
Guyart vit de grandes expériences mystiques. Et elle en vivra durant toute sa
vie. L’Esprit divin la conduira par des voies souvent douloureuses vers une identification
à Jésus crucifié, son « divin Époux ». Ce sont les voies de l’amour
jusqu’à l’extrême. Et elle suit son Seigneur et Époux-Roi dans les services les
plus humiliants. Très jeune, elle ne peut pas résister à l’appel du pauvre et
elle donne un peu de pain à qui lui tend la main. Jusqu’à ses derniers jours,
l’Esprit Saint « l’agira » à la fois et inséparablement dans les chemins
de l’union intime avec Dieu et ceux de la miséricorde sans borne avec les plus
petits.
Marie expérimente par trois fois la présence active des
trois personnes de la Sainte Trinité dans son âme. Elle se sait et
s’expérimente être le temple de Dieu. Mais à travers toutes ces expériences si
extraordinaires et souvent étranges pour nous, Marie a toujours recours à un
directeur spirituel pour y discerner la volonté de Dieu sur elle, sur son fils,
sur ses engagements.
Car elle sait que Satan existe et elle s’en méfie!
Dieu le Père est son « centre », sa vie, son
tout.
Le suradorable Verbe Incarné est son « Bien-Aimé »
à qui elle est unie dans un intense renouvellement de l’alliance nuptiale dans
l’amour. Il la comble d’une lumineuse connaissance et d’un grand amour de
« ses divines maximes ». Et dans son cœur, même avec sa bouche quand
elle le peut, Marie chante des épithalames enflammés à son Divin Époux.
L’Esprit est son maître intérieur et son guide. Il la conduit
sans cesse, tout au long de sa vie. Il la purifie, la rend pauvre de cœur,
l’entraine à vivre toutes les béatitudes. Il est une lampe qui scrute sans
cesse ses entrailles pour y enlever ce qui ferait obstacle à sa marche vers la
sanctification, donner à son cœur une grande pureté spirituelle, une grande
pauvreté d’esprit, une disponibilité au total abandon entre les mains de Dieu
son Père, sa providence.
Elle devient ainsi une femme qui témoigne humblement de la miséricorde
du Cœur de Jésus (auquel elle se sent unie par un lien infrangible) au cœur
de ce petit peuple de Québec. Mais elle est aussi régulièrement en contact avec
les missionnaires qui donneront leur vie pour l’Évangile. Comme elle ne peut
pas les suivre leurs courses apostoliques, l’Esprit fait sans cesse jaillir de
son cœur une intense prière apostolique. Et elle fait
ce qui lui possible dans son cloitre : apprendre le Montagnais,
l’Algonquin, le Huron et un peu l’Iroquois. Rédiger des dictionnaires de ces
langues. Se faire accueillante à toutes et tous, grands ou petits, qui viennent
à la grille du monastère pour consultation ou prière, etc…
Impossible de résumer en quelques lignes une telle vie. Mais
il faut retenir le lien inséparable entre l’union à Jésus et l’engagement apostolique
qui ont marqué en profondeur la sainteté de cette femme surnommée :
« La Thérèse du Nouveau Monde ».
Marie de l’Incarnation n’est pas une sainte qu’on peut
rencontrer tous les jours! Mais par tant de dimensions de sa vie, elle est
toujours capable de nous conduire à Jésus le Suradorable Verbe Incarne et par
lui au Père et à l’accueil de l’Esprit. Elle sait nous apprendre l’abandon
confiant entre les mains de la bonne providence du Père qui nous a créé et qui
nous aime.
Évêque émérite de Gatineau
(31e texte d’une série sur l’appel à la sainteté)
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